RARe fête ses 10 ans !

Le jeudi 1er octobre 2026, l'infrastructure RARe fêtera les 10 ans du réseau français des CRB pour la recherche en biologie, agronomie et environnent. C'est avec dynamisme et enthousiasme que RARe prépare cet événement. Au programme : des animations, des visites, des témoignages, une assemblée générale autour de brainstorming de nos séminaires scientifiques et la préparation de notre future feuille de route.

Que de chemin parcouru en 10 ans au service des Centres de Ressources Biologiques !  

Anniversaire 10 Ans RARe

RARe, alors nommée Ressources Agronomiques pour la Recherche, est entrée sur la feuille de route nationale des infrastructures de recherche en 2016, avec déjà 4 piliers (animal, végétal, micro-organisme, environnement) et plusieurs institutions porteuses de CRB, dont l’INRA (devenu INRAE), le CIRAD et l’IRD. Les préoccupations propres au métier "CRB" ont suscité une dynamique collaborative entre domaines dès la première Assemblée Générale en septembre 2016. RARe a été renouvelée sur la feuille de route nationale en 2018, et a alors intégré le domaine forestier avec son 5ème pilier. A l’époque, 4 groupes de travail transversaux (GT) avaient été mis en place pour connecter les différents CRB au sein d’une gouvernance emboitée, allant du CRB au pilier jusqu’à la coordination nationale. Nous comptons maintenant 7 GT, créés pour répondre aux besoins de la communauté RARe. En 2019, RARe a mis en place son conseil scientifique international, composé d’experts européens dans les 5 domaines concernés, qui la conseillent sur sa stratégie européenne comme sur son fonctionnement interne. La charte d’adhésion a été formalisée en 2021, lors de la soumission du dossier de renouvellement sur la feuille de route nationale, qui a été positivement évalué. En 2022, RARe a confirmé sa position d’infrastructure nationale dans le domaine des sciences de l’environnement, sans oublier qu’elle a toujours contribué à la recherche en sciences du vivant. Chaque année RARe organise un séminaire scientifique sur de grands enjeux de recherche, tels que l’agroécologie, l’adaptation au changement climatique ou la santé globale. Le séminaire est couplé à l’assemblée générale annuelle, qui permet à la communauté des CRB de se réunir et de partager leurs expériences. En 2024, RARe a mis en place son accord de consortium qui a été signé par les 3 tutelles fondatrices, INRAE, CIRAD et IRD, ainsi que par l’Institut Pasteur, devenu membre du pilier micro-organisme afin de constituer le noeud français de l’infrastructure européenne MIRRI. La dénomination de l’infrastructure est devenue ‘Réseau français de centres de ressources biologiques pour la recherche en biologie, agronomie et environnement’ et rassemble pas moins de 40 CRB, certifiés et/ou labellisés par le GIS IBiSA. Le dossier déposé en 2025 pour le renouvellement de la feuille de route nationale a reçu un avis très positif, reconnaissant la maturité acquise par RARe, tant dans son organisation que dans son activité scientifique. 

Que de chemin parcouru en 10 ans ! Tout cela grâce au travail et à l’enthousiasme présents à tous les niveaux, du CRB au comité de pilotage national, sans oublier l’apport crucial de notre conseil scientifique et le soutien de nos tutelles.
Un grand merci à toutes et à tous !

Michèle Tixier-Boichard 

"Les bibliothèques du vivant"

Texte d'hommage rédigé par Philippe Desmeth, membre du Comité Scientifique international de RARe

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Les biobanques sont les bibliothèques du vivant, sources de matériel pour la recherche en sciences de la vie . Des échantillons sont constamment recueillis, à partir desquels on extrait des informations, on génère des résultats, on lance des idées et on trouve des solutions pour améliorer sans cesse la qualité de vie.

Un patrimoine

La bibliothèque familiale, par conception, est au centre de la maison. J’y vais tous les jours. Famille et amis y sont les bienvenus.
Du sol au plafond, les murs sont couverts de livres rassemblés au fil des générations. Un escabeau permet d’accéder aux étagères les plus hautes. Une porte vitrée s’ouvre sur le jardin, sur la vie.
Il y a tellement de livres que nous avons dû en déplacer certains, mais pas à la cave, c’est trop humide, ils seraient abîmés. Ni au grenier, ils seraient moins accessibles, mais dans la salle de jeux et l’atelier de reliure.

En quête de qualité

La qualité de la reliure est importante. Au fil des mains qui les caressent, les couvertures prennent une patine et deviennent plus lustrées. La qualité, comme la mer, toujours recommencée, car rien n’est parfait en ce monde, ni la couverture d’un livre ni la vie elle-même, avec sa cohorte de risques pour la terre, la nature, l’humanité. Lorsque le vent se lève, il faut tenter de vivre.

Les bibliothèques du vivant

Les biobanques sont les bibliothèques du vivant, sources de matériel pour la recherche en sciences de la vie. Des échantillons sont constamment recueillis, à partir desquels on extrait des informations, on génère des résultats, on lance des idées et on trouve des solutions pour améliorer sans cesse la qualité de vie.

Le rôle de la recherche

Face à une question, je suis certain de trouver le bon livre dans notre vaste bibliothèque. Face à la maladie, face à la faim, face au désert, l’humanité a peur, mais cette peur est supportable et surmontée par l’espoir. Pour les patients, pour l’affamé, pour la société, la recherche et le progrès sont synonymes d’espoir sur le chemin de la guérison, comme Béatrice l’est pour Dante dans son voyage de la Divine Comédie.

Organisation et technologie au service de la connaissance

Pour s’y retrouver dans la bibliothèque, un oncle a catalogué les livres sur des fiches papier. Celles-ci sont désormais dupliquées dans l’ordinateur. On y trouve un mélange de genres et de thèmes en plusieurs langues. Les traducteurs rendent tout cela interopérable. L’intelligence artificielle nous aide à percevoir la complexité cachée dans cette masse de données multiformes, afin de saisir l’essentiel – comme le concept de « one health – la santé intégrée », corps, esprit, environnement.

Reflet de la science et de l’éthique

Il y a des lectures pour chacun, à nous de les trouver, ou de les écrire.
Voici Nietzsche et son conseil de vivre dangereusement, c’est-à-dire de sortir de notre zone de confort pour aller plus loin et explorer – n’est-ce pas là l’essence même de la science ?
Il y a aussi « Fahrenheit 451 » de Ray Bradbury. Dans une bibliothèque, ni le feu ni la censure n’ont leur place, mais l’éthique, la précision, l’inventivité et la rigueur, tout comme en science.

Des infrastructures durables au service de la vie

Dans la bibliothèque, je vois l’essence et la raison d’être de RARe et des biobanques. Une infrastructure collective qui permet aux scientifiques de saisir la complexité de la sphère humaine et soutient la recherche dans sa quête d’une meilleure qualité de vie pour tous.
J’espère que tous ceux qui contribuent au succès de RARe sentent, comme l’a écrit Horace, que nous créons une infrastructure plus durable que le bronze.

Philippe Desmeth
Montpellier, Septembre 2025


Références littéraires 
- Le cimetière marin, Paul Valéry
- Fahrenheit 451, Ray Bradbury
- La Divine Comédie, Dante Alighieri
- Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche 
- Odes, Exegi monumentum aere perennius, Horace